Itinéraire gourmand en Bretagne sud, de Vannes à Douarnenez

Dégustation d'huîtres fraîches - ©mofles/iStock
De Vannes aux ports du Finistère Sud, cet itinéraire traverse l’un des territoires les plus gourmands de Bretagne. En quelques jours, vous progressez du golfe du Morbihan à la baie de Douarnenez, entre halles animées, ports de pêche, conserveries historiques et tables inspirées.
Étape 1 – Vannes, capitale du golfe du Morbihan
Première étape, Vannes ouvre le bal au fond du golfe du Morbihan. Autour de la cathédrale Saint-Pierre, vous flânez parmi les bâtisses à pans de bois, longez les remparts et gagnez les halles des Lices, haut lieu gourmand de la ville. Du mardi au dimanche, une trentaine d’échoppes y déballent le meilleur de la gastronomie bretonne, entre galettes, fromages et charcuteries tranchées sous vos yeux. Sur la place voisine, chez François, vous craquez pour un kouign-amann aux pommes servi tiède. Le feuilleté croustille, les fruits caramélisés fondent sur la langue : c’est gras, c’est sucré, c’est divin. Avant de reprendre la route, vous filez aux halles aux poissons, où les arrivages du jour débarquent du golfe, et savourez chez Empreinte une cuisine simple et précise qui sublime le terroir vannetais.
Étape 2 – Auray, échappée portuaire à Saint-Goustan
Environ 20 kilomètres plus loin, la cité d’Auray vous accueille, perchée au-dessus de la rivière du Loc’h. En contrebas, le port de Saint-Goustan déroule ses maisons à colombages des XVᵉ et XVIIᵉ siècles. Vous descendez par la place Saint-Sauveur, arpentez la rue du Petit-Port où sont installés des ateliers d’artistes, puis franchissez le vieux pont de pierre du XVᵉ siècle. Pour une pause savoureuse, vous rejoignez la pâtisserie Au Régal Breton, icône de la ville. Depuis 1962, la maison propose les grands classiques bretons : far aux pruneaux, gâteau riche en beurre et kouign-amann, bien sûr. Les habitants viennent y chercher leur dessert du dimanche, ce qui confère à l’adresse une atmosphère profondément vivante.

Vue sur le port de Saint-Goustan à Auray (Bretagne, France) - ©FotoGablitz/iStock
Étape 3 – De Carnac à la Côte sauvage en presqu’île de Quiberon
En quittant Auray, vous rejoignez Carnac, où les alignements de quelque 3 000 menhirs forment le plus vaste ensemble mégalithique du monde. Depuis l’Office de tourisme, un circuit de huit kilomètres vous offre de superbes échappées sur ce paysage unique. Vous faites ensuite halte à la Cidrerie de Carnac, où vous dégustez cidre, jus de pomme et vinaigre issus d’une production bio, puis à Ty Huîtres, exploitation ostréicole installée sur la terrasse naturelle de l’anse du Pô ; vous y savourez huîtres, coquillages et crustacés presque les pieds dans l’eau.
L’itinéraire se poursuit en presqu’île de Quiberon, où vous profitez d’une agréable respiration sur la Grande Plage, vaste ruban de sable ouvert sur l’Atlantique. Puis, vous gagnez la Conserverie la Belle-Iloise, dont les recettes à base de sardines, thons et maquereaux témoignent d’un héritage transmis depuis plusieurs générations. L’étape s’achève, à pied ou à vélo, sur la voie verte qui traverse dunes, lagunes et landes protégées : 25 kilomètres de décors bruts avec la Côte sauvage d’un côté, la presqu’île de Gâvres de l’autre.

Dégustation d'huîtres fraîches - ©mofles/iStock
Étape 4 – Pont-Aven, balade épicurienne sur les rives de l’Aven
Depuis Quiberon, vous suivez la D781 qui traverse la ria d’Étel, et passez Lorient et Quimperlé. Pont-Aven apparaît au détour de la vallée de l’Aven, rivière autrefois animée par une dizaine de moulins. Dès les années 1860, le village attire les peintres, venus chercher la lumière bretonne et des auberges abordables. Le musée de Pont-Aven retrace cette aventure artistique : les salles présentent des œuvres de Paul Gauguin, Paul Sérusier et Émile Bernard. Après votre visite, direction la Maison Le Darz pour goûter un caramel au beurre salé tendre, très apprécié des habitants, et repartir avec quelques douceurs.
Puis, votre chemin vous mène au Moulin de Rosmadec, première table du Finistère à décrocher une étoile au Guide MICHELIN en 1933. Le chef Sébastien Martinez compose ici une cuisine élégante, entre araignée de mer, langoustines bretonnes et fraises de Plougastel. Vous profitez de ces assiettes délicates sur la terrasse fleurie qui surplombe l’Aven, dans un moulin chargé d’histoire. Le repas terminé, vous gagnez la promenade Xavier‑Grall, qui suit les rives du fleuve jusqu’au Bois d’Amour. En moins d’une heure, entre vannes et lavoirs, vous parvenez à l’endroit où Gauguin transmit à Sérusier la leçon de peinture qui inspira son célèbre Talisman (1888).
Pont-Aven connaît une forte affluence d’avril à septembre. Pour vous garer sans difficulté, dirigez-vous vers le parking Bel Air, gratuit au-delà de la rue des Abbés-Tanguy, puis gagnez le centre à pied.
Étape 5 – À Concarneau, la mémoire du littoral
Pour cette étape, vous rejoignez Concarneau, à une quinzaine de kilomètres de Pont‑Aven. La Ville close occupe un îlot fortifié entouré de remparts du XIVᵉ siècle et relié à la terre par deux ponts. Vous franchissez le beffroi et accédez à la rue Vauban, où le musée de la Pêche retrace l’évolution des techniques maritimes à travers maquettes, bateaux anciens et le chalutier Hémérica, désarmé en 1981, que vous pouvez explorer.
En sortant, vous devinez l’autre facette de Concarneau, celle de son passé sardinier. La cité compta jusqu’à 32 conserveries avant que la crise de 1902 ne bouleverse toute l’activité. Vous en découvrez l’héritage à la Conserverie Courtin, institution centenaire réputée pour ses confits de Saint‑Jacques. Rillettes et cotriade à la concarnoise, cette traditionnelle soupe de poisson aux légumes, y sont encore préparées de manière artisanale. Puis vous prenez place au Flaveur, table discrète en retrait du port de plaisance : pêche des petits bateaux, cochon breton élevé en plein air, volailles de la Bruyère Blanche… Vous vous régalez d’une cuisine précise et sincère, portée par des produits locaux d’une grande fraîcheur.
Entre Concarneau et la baie d’Audierne, posez vos valises à Combrit ou Bénodet, de part et d’autre de l’Odet. La Villa Tri Men et l’hôtel Le Cornouaille offrent calme et confort, à deux pas de l’anse du Trez.
Étapes 6 et 7 – De Guilvinec à Audierne, les ports de pêche du pays Bigouden
La route quitte Concarneau pour gagner le pays Bigouden, territoire bordé par la mer Celtique et le golfe de Gascogne. Au Guilvinec, vous découvrez l’un des ports les plus actifs de Bretagne, où une centaine de navires débarquent chaque jour lotte, merlu ou langoustine. La Cité de la Pêche propose une immersion dans cet univers. Vous visitez la criée, assistez à des ateliers et parcourez l’exposition qui reconstitue l’intérieur d’un hauturier parti en mer. Votre itinéraire vous mène ensuite à Penmarc’h et au phare d’Eckmühl, sentinelle dressée là depuis 1897. Du haut de ses 56 mètres, vous embrassez toute la baie d’Audierne.
Quelques kilomètres plus loin, vous arrivez au port d’Audierne, installé sur l’estuaire du Goyen. Ici, les casiers s’entassent sur le quai dans un joyeux désordre. À la crêperie An Teuzar, l’une des meilleures adresses de la ville, vous savourez des galettes au blé noir ultra‑fondantes dans une salle qui évoque l’intérieur d’un bateau. La spécialité aux coquilles Saint-Jacques, fondue de poireaux et carottes fait, à elle seule, saliver tous les gourmands.
Sur la route
Entre Audierne et Douarnenez, faites un indispensable détour par la pointe du Raz, Grand Site de France : depuis la Porte du cap Sizun, les sentiers balisés longent les falaises jusqu’à la pointe du Van, à environ deux heures de marche.
Étape 8 – À Douarnenez, la sardine en héritage
Au fond de son anse, Douarnenez a bâti sa fortune sur la pêche sardinière, avant qu’une pénurie brutale ne touche ses côtes de 1902 à 1913. Vous remontez le fil de cette histoire en suivant le chemin de la Sardine, parcours ponctué de 17 clous en bronze frappés du poisson emblématique. La balade commence au belvédère des Plomarc’h, qui surplombe la baie et les quais, puis vous mène le long du Rosmeur, port aux façades colorées qui inspira Renoir et Boudin. Arrivés sur le port, vous visitez la Maison de la Sardine. Cette conserverie, arrivée du Guilvinec en 1920, commercialise raviolis de poisson, foie de lotte et filets de thon germon, témoins d’un savoir‑faire centenaire qui perdure. Enfin, vous prenez place à L’Insolite, l’adresse du chef Gaël Ruscart. Langoustines juste saisies, araignée de mer effeuillée, nuage de haddock fumé, Saint-Jacques sur mousseline de panais… Vous vous laissez porter par une cuisine de la mer maîtrisée, parfaite pour terminer votre itinéraire gourmand.

Le port de Rosmeur à Douarnenez (Bretagne, France) - ©guy-ozenne/Getty Images Plus
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