Dijon, sur les traces des grands ducs de Bourgogne
Capitale des puissants ducs de Bourgogne, Dijon a hérité de ce passé princier un centre ancien d’une grande richesse. Vous admirez d’abord le palais des ducs et des États de Bourgogne, dont le chantier s’ouvre en 1364 et se prolonge jusqu’au XIXe siècle, mêlant gothique, Renaissance et classicisme. Entre ses murs, le musée des Beaux-Arts expose un fonds médiéval parmi les plus importants d’Europe, célèbre notamment pour ses primitifs rhénans et flamands. Tout autour, le quartier Notre-Dame, presque entièrement réservé aux piétons, aligne demeures en pierre de taille et façades à colombages élevées aux XVe et XVIe siècles. Vous poussez aussi la porte de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, avant de remonter la rue de la Chouette jusqu’à la moutarderie Fallot, seule maison de Bourgogne encore indépendante.

Rue de la Chouette, dans le quartier Notre-Dame à Dijon (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©Xantana/iStock
De Cluny à Vézelay, les plus grandes abbayes de Bourgogne
La Bourgogne s’est imposée au Moyen Âge comme l’un des foyers monastiques majeurs d’Europe, et ses abbayes comptent aujourd’hui parmi ses plus grands trésors. Trois d’entre elles méritent particulièrement le détour. À Cluny, fondée en 910, vous arpentez les vestiges d’un monastère qui dirigea quelque 1 200 maisons religieuses sur tout le continent. Du sanctuaire ne reste que le bras sud du transept, dont la hauteur donne pourtant une idée de sa démesure passée. Fontenay, née en 1118 au creux d’un vallon boisé, a gardé intacts cloître, dortoir, forge et canal d’alimentation, un ensemble que l’UNESCO a inscrit au patrimoine mondial. Quant à Vézelay, perchée sur son promontoire face au Morvan, sa basilique Sainte-Marie-Madeleine vous attend avec un tympan central et des chapiteaux qui figurent au sommet de l’art roman régional.

L'abbaye de Fontenay (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©bluejayphoto/iStock
La Route des Grands Crus, l'un des vignobles les plus célèbres au monde
Le vignoble bourguignon jouit d’une renommée internationale et la Route des Grands Crus en constitue l’un des plus beaux itinéraires. Entre Dijon et Santenay, vous parcourez 65 kilomètres à travers les vignes et le long de coteaux où chaque parcelle porte un nom prestigieux, de la côte de Nuits à la côte de Beaune. Vous faites étape dans des villages réputés, comme Gevrey-Chambertin, Vosne-Romanée, Pommard ou Meursault. Beaucoup de producteurs accueillent les visiteurs dans leurs caves, pour faire découvrir leurs vins lors de dégustations, à apprécier avec modération.
À Chagny, tout proche de Santenay, réservez une table à la Maison Lameloise, trois étoiles au Guide MICHELIN. Vous y goûtez la haute cuisine du chef Éric Pras, héritier d’une longue tradition œno-gastronomique bourguignonne.

Vue sur le vignoble et le château du Clos de Vougeot sur la route des Grands Crus de Bourgogne (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©eli77/iStock
Les Hospices de Beaune, joyau de l'art burgondo-flamand
À Beaune, un seul monument, classé à l’UNESCO, résume le faste de la Bourgogne du XVe siècle : l’hôtel-Dieu, que le chancelier Nicolas Rolin fait bâtir en 1443 et qui illustre superbement l’art burgondo-flamand. Dans la cour d’honneur, vous êtes d’abord saisi par les toits, dont les tuiles vernissées composent des motifs multicolores entre lucarnes et girouettes ornées de blasons. Vous gagnez ensuite la Grand-Salle « des pôvres », où 28 lits à colonnes se font face sous une charpente évoquant une coque de navire renversée. La salle du Polyptyque abrite enfin le Jugement dernier (1445-1448) peint par Rogier van der Weyden, d’une précision stupéfiante.

Les Hospices de Beaune (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©eli77/Getty Images Plus
La cathédrale d'Autun, chef-d'œuvre de la sculpture romane en France
Aux portes du Morvan, Autun, fondée à l’époque romaine, a conservé de ce prestigieux passé un patrimoine remarquable, que domine la cathédrale Saint-Lazare, l’un des sommets de l’art roman français. L’édifice, consacré aux alentours de 1130, attire d’abord votre attention par son grand tympan du Jugement dernier, œuvre de Gislebertus réalisée entre 1130 et 1135. Le sculpteur a signé sous les pieds du Christ, geste exceptionnel pour son temps. À l’intérieur, vous détaillez les chapiteaux de la nef, peuplés d’épisodes bibliques et de créatures imaginaires.

La cathédrale Saint-Lazare d'Autun, chef d’œuvre de l'art roman (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©Lumir Pecold/iStock
Le parc naturel du Morvan, cœur sauvage et résistant de la Bourgogne
Loin des vignobles et des grandes villes, la Bourgogne dévoile aussi un visage plus sauvage. En son cœur, le Morvan étire ses collines boisées, ses lacs et ses rivières sur 320 000 hectares de parc naturel régional. Sous les hêtres ou parmi les sapins, qui recouvrent 45 % du territoire, vous marchez des heures sans croiser grand monde. Au sommet du mont Beuvray, culminant à 821 mètres, vous foulez les vestiges de Bibracte, ancienne capitale gauloise. Au bord des chemins, 29 sites entretiennent par ailleurs la mémoire de la Résistance, qui trouva refuge dans ces forêts pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le lac des Settons, au cœur du Morvan (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©AUFORT JEROME/Getty Images Plus
Le Saut du Doubs, Grand Site national aux portes de la Suisse
La Franche-Comté réserve elle aussi des sites naturels d’exception, à commencer par le Saut du Doubs, sur la frontière franco-suisse et distingué par le label Grand Site national. La rivière, en quittant le lac de Chaillexon, bascule ici en cascade au milieu des forêts : vous montez à bord d’un bateau à Villers-le-Lac pour suivre ses méandres jusqu’au passage le plus resserré, puis rejoignez à pied les points de vue aménagés sur la rive française. Si vous préférez marcher, un sentier part des Brenets, en Suisse. Il serpente entre hêtres et épicéas et débouche sur un mirador suspendu au-dessus de la chute.

Cascade du Saut du Doubs (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©RnDmS/iStock
Les salines de Franche-Comté, un patrimoine industriel classé à l'UNESCO
Le sel a façonné la Franche-Comté pendant des centaines d’années et deux sites majeurs, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, vous plongent dans cette aventure. À Salins-les-Bains, vous descendez sous terre dans la Grande Saline, blottie au creux de la vallée de la Furieuse. Sur 200 mètres, vous avancez sous des voûtes élevées au Moyen Âge, jusqu’à une pompe vieille de deux siècles qui fonctionne toujours. En surface, le musée du Sel occupe des bâtiments des XVe et XVIe siècles, complétés d’une aile contemporaine. Une vingtaine de kilomètres plus loin, la Saline royale d’Arc-et-Senans vous réserve un tout autre spectacle, celui d’une usine du XVIIIe siècle dessinée comme un palais par Claude-Nicolas Ledoux. Vous parcourez son immense demi-cercle de pavillons monumentaux, pensés pour rationaliser entièrement la fabrication du sel, avant de visiter le musée Ledoux, consacré à la cité idéale imaginée par l’architecte.

La Saline royale d’Arc-et-Senans (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©Kloeg008/iStock
Le cirque de Baume-les-Messieurs, spectaculaire reculée jurassienne
Le Jura doit une partie de sa renommée à ses reculées, ces amphithéâtres naturels fermés de hautes falaises. Vous admirez la plus grandiose d’entre elles à Baume-les-Messieurs, où trois vallées se rejoignent sous d’immenses parois de calcaire blanc pour former le cirque de Baume-les-Messieurs. Tout au fond se niche une abbaye établie dès le IXe siècle, que prolongent les maisons du village, bâties au bord de la Seille. Dans les grottes voisines, vous progressez jusqu’à une salle dont le plafond culmine à 80 mètres. Pour finir, vous grimpez au belvédère des roches de Baume, près de Crançot, d’où vous embrassez d’un coup d’œil toute la reculée et l’abbaye en contrebas.

Vue sur le cirque et le village de Baume-les-Messieurs (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©Pixel-68/Getty Images Plus
Les cascades du Hérisson, le plus bel ensemble de chutes du Jura
Au cœur de la région des lacs, le Hérisson a creusé le plus bel ensemble de chutes du Jura. Ce torrent prend sa source à 805 mètres d’altitude et perd 255 mètres en à peine trois kilomètres. Vous longez d’abord l’Éventail, où l’eau rebondit de gradin en gradin sur 65 mètres, avant d’atteindre le Grand Saut, qui plonge d’une seule traite de 60 mètres. Le chemin se poursuit en corniche jusqu’au Gour Bleu puis au saut de la Forge, abrité sous une paroi en surplomb. En été, la fraîcheur dégagée par les chutes rend la marche encore plus agréable.
L’été et l’automne sont les meilleures saisons pour parcourir les cascades du Hérisson. Après les pluies automnales, vous les admirez dans toute leur ampleur. En été, le cours d’eau, presque sec, révèle dallages naturels, marmites de géants et cavernes étagées.

Cascades du Hérisson (Bourgogne-Franche-Comté, France) - ©Philippe Paternolli/iStock



