Circuit : les Vosges en été, d’Épinal à la vallée de la Bruche

Le lac Blanc, au pied de la route des Crêtes Vosgiennes (Grand Est, France) - ©Sjo/iStock
Entre lacs de montagne et forêts de sapins, ce parcours vosgien vous mène des rives de la Moselle aux crêtes frontalières. En six étapes, vous traversez villages-stations, cols d'altitude et vallées minières, dont les galeries, creusées au XVIᵉ siècle, s'ouvrent encore aux visiteurs.
Étape 1 – Épinal, la cité de l’image sur les rives de la Moselle
Point de départ, Épinal se déploie sur les deux rives de la Moselle, autour d’une belle place des Vosges aux arcades médiévales. Dans la vieille ville, vous y croisez la maison Renaissance dite « du Bailli » (1604) et un immeuble Art nouveau (1904), face-à-face depuis plus d’un siècle. À la pointe de l’île, le musée départemental d’Art ancien et contemporain (MUDAAC) occupe un hôpital du XVIIᵉ siècle. Vous y admirez des œuvres de Rembrandt, Georges de La Tour et Claude Gellée, enfant du pays qui fit carrière à Rome sous le nom de « le Lorrain ». Puis, vous rejoignez les quais du canal des Grands Moulins pour embarquer sur un canoë-kayak et descendre le bassin en eaux vives. Sensations garanties avec Natur’O Vive, qui vous équipe et vous lance dans les rapides de ce site utilisé pour des entraînements olympiques.
Fondée en 1796 par Jean-Charles Pellerin, l’Imagerie d’Épinal a diffusé des milliers d’images gravées sur bois et colorées au pochoir. Dans ses ateliers du quai de Dogneville, vous assistez à des démonstrations sur une machine de 1898 et repartez avec un tirage original.
Étape 2 – Gérardmer et le plus grand lac naturel des Vosges
À une quarantaine de kilomètres d’Épinal, Gérardmer s’organise autour de son lac, que vous parcourez en canot électrique, en barque, ou à pied sur un tour balisé de 6,5 kilomètres. En été, les rives alternent plages aménagées ensoleillées et passages forestiers plus frais.
Pour savourer une cuisine ancrée dans le terroir, vous filez à La Table du Rouan, où Julien Jeanselme rend hommage à son arrière-grand-père, étoilé au Guide Michelin en 1936. Et pour encore plus de gourmandises, vous poussez la porte de la Confiserie Géromoise pour une visite commentée : vous y observez le travail du sucre dans les cuves et repartez avec quelques spécialités artisanales aux plantes des Vosges.
Enfin, vous rejoignez le sentier des Perles de Vologne, qui longe la rivière entre blocs de granit et forêts jusqu’aux cascades. Trois boucles successives vous mènent vers le pont des Fées (20 minutes), les îles Marie-Louise (30 minutes) et les Vannes (1 heure), où l’eau ruisselle entre les rochers moussus.

Le lac de Gérardmer en été (Grand Est, France) - ©litchi-cyril-photographe/iStock
Gérardmer a ouvert le premier office de tourisme de France en 1875. La ville doit cette vocation touristique précoce à son lac et à ses bois, qui attiraient déjà villégiaturistes et promeneurs — Charlemagne lui-même, dit la tradition, aurait séjourné ici !
Étape 3 et 4 – Sur la route des Crêtes, du Hohneck au lac Blanc
En quittant Gérardmer, vous suivez la D417 jusqu’à la route des Crêtes (D430), tracée pendant la Première Guerre mondiale pour relier les vallées. Au fil de la montée, la plaine d’Alsace, les cimes vosgiennes et enfin Le Hohneck (1 362 mètres) se révèlent : de son sommet, point culminant de l’ancienne frontière franco‑allemande, vous découvrez les combes environnantes, le lac de Schiessrothried et la vallée de Munster.
Vous gagnez ensuite le col de la Schlucht, où Le Collet, table montagnarde d’Olivier Lapôtre, fait défiler cordon-bleu vosgien, pavé de truite du Heimbach et munster fermier. Tout proche, le jardin d’altitude du Haut Chitelet rassemble, à 1 228 mètres, quelque 2 700 espèces végétales venues du monde entier. Vous parcourez ses allées thématiques, puis reprenez la route des Crêtes (D61) à travers la réserve naturelle du Tanet-Gazon du Faing, jusqu’au lac Blanc. Encastré dans un cirque glaciaire, dominé par le rocher Hans, le lac révèle des eaux sombres cernées de forêts. Pour une pause ludique en famille, vous explorez le sentier pieds nus au cœur de la flore locale (1,2 km – 1 h) ou vous vous élancez au milieu des sapins au Parc d’aventures, alternant accrobranche et paintball.

Le lac Blanc, au pied de la route des Crêtes Vosgiennes (Grand Est, France) - ©Sjo/iStock
Étape 5 – Sainte-Marie-aux-Mines, dans les galeries du val d’Argent
Entourée d’arbres et dominée par le clocher à bulbe de l’église Sainte-Madeleine du XVIIIᵉ siècle, Sainte‑Marie‑aux‑Mines s’étire sur les deux rives de la Liepvrette, à 30 kilomètres du lac Blanc. Vous flânez entre façades Renaissance et maisons à colombages, dans une ville qui a vécu pendant longtemps de l’argent extrait des entrailles du massif. Au Moyen Âge, le val comptait plus de 300 mines et des centaines de kilomètres de galeries, après la découverte des premiers filons au IXᵉ siècle. Aujourd’hui, vous descendez dans la mine Saint‑Barthélemy, creusée au marteau et à la pointerolle au XVIᵉ siècle : les parois marquées d’entailles et l’humidité ambiante vous ramènent d’emblée au temps des mineurs. Autre option, la mine Gabe-Gottes, exploitée jusqu’en 1940, où vous suivez 400 ans d’évolution des techniques d’extraction. Vous longez les veines d’argent, croisez wagonnets et poulies rouillées, et mesurez les difficiles conditions de travail.
À Colroy-la-Roche, La Cheneaudière Hôtel & Spa vous accueille dans un superbe domaine aux confins de l’Alsace et des Vosges : chambres mansardées sur la forêt, suites Art déco et spa sur trois étages.
Étape 6 – Schirmeck et l’ascension du Donon
Dernière étape de votre parcours dans la vallée de la Bruche, Schirmeck se niche au cœur de vastes forêts de conifères et de sentiers prisés des randonneurs. Sur les hauteurs, vous découvrez le Mémorial Alsace‑Moselle, qui retrace l’histoire du premier camp nazi installé en Alsace annexée (1940‑1944). Vous avancez de salle en salle, face aux objets personnels et aux documents qui racontent cette période tourmentée. De juin à août, vous partez ensuite en randonnée guidée sur le sentier des passeurs : un itinéraire de 14 km (4 heures) qui relie Schirmeck à Moussey en suivant les chemins forestiers empruntés par les Alsaciens fuyant l’annexion. Votre route se termine au Donon, où un sentier entre hêtres et sapins vous mène jusqu’au sommet. À 1 009 mètres, après avoir traversé vestiges gallo‑romains et temple napoléonien, vous profitez d’un vaste panorama sur la plaine d’Alsace et la Forêt‑Noire.

La vallée de la Bruche vue du temple érigé au sommet du Donon (Grand Est, France) - ©Pascal HENIN/Getty Images Plus
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