Le golfe du Morbihan, l'une des plus belles baies du monde
Avec sa cinquantaine d’îles et d’îlots posés sur 20 kilomètres de large, le golfe du Morbihan passe pour l’une des plus belles baies du monde. Les Bretons, eux, l’ont nommé « mor bihan », la « petite mer », et le mot lui va bien tant les marées remodèlent ici marais, vasières et rivages plantés de cairns et de dolmens. La plupart des îles sont privées, mais deux vous ouvrent leurs chemins : sur l’île d’Arz, encore sauvage, vous rejoignez le moulin à marée de Berno, élevé au XIIe siècle, tandis que l’île aux Moines vous conduit de ses villas du XIXe siècle aux bois d’Amour et des Soupirs. Le tour du golfe peut se faire par la route, de Port-Navalo jusqu’à la pointe de Kerpenhir, mais la croisière depuis Vannes ou Auray reste la plus belle approche.

La chapelle Boëdic, dans le Golfe du Morbihan (Bretagne, France) - ©thierry64/iStock
Le Menez-Hom et la presqu'île de Crozon, sentinelles de la mer d'Iroise
Entre la rade de Brest et la baie de Douarnenez, la presqu’île de Crozon avance en croix dans la mer d’Iroise et concentre, au cœur du parc naturel régional d’Armorique, les falaises et récifs les plus escarpés de Bretagne. Vous en prenez la mesure à la pointe de Penhir, où un spectaculaire à-pic de 70 mètres domine les Tas de Pois, six rochers isolés au large, sous le regard du monument aux Bretons de la France libre. Vous gagnez ensuite le Menez-Hom, qui culmine à 330 mètres et prolonge les Montagnes Noires. Depuis sa table d’orientation, vous embrassez la baie de Douarnenez, la rade de Brest et les monts d’Arrée.

La pointe de Penhir, à l'extémité de la presqu'île de Crozon (Bretagne, France) - ©Kamila Kozioł/Getty Images Plus
Les mégalithes du Morbihan, le plus vaste ensemble néolithique au monde
Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, les mégalithes du Morbihan dessinent l’un des plus fascinants paysages préhistoriques du continent. Au nord de Carnac, près de 3 000 menhirs se déploient sur quatre kilomètres, des alignements du Ménec à ceux de Kermario et de Kerlescan. Puis, la route vous conduit à Locmariaquer, devant le Grand menhir brisé d’Er Grah : 21 mètres, près de 300 tonnes, le plus grand monolithe connu d’Europe, aujourd’hui couché en quatre fragments. Dans le golfe, vous prolongez le mystère sur l’île de Gavrinis, dont le cairn funéraire abrite une galerie ornée de haches, d’arcs et de spirales gravés dans la roche.
Votre visite se prolonge au musée de Préhistoire James Miln – Zacharie Le Rouzic, à Carnac. Vous y admirez parures, objets et poteries issus des sépultures voisines, dont quatre haches en jadéite exhumées en 2007.

Alignement de menhirs à Carnac (Bretagne, France) - ©phbcz/iStock
La pointe du Raz, carte postale bretonne au bout du cap Sizun
Labellisée Grand Site de France en 2004, la pointe du Raz incarne la Bretagne des cartes postales. Sur la commune de Plogoff, ce promontoire de 70 mètres ferme la Cornouaille et s’enfonce dans le raz de Sein, dont l’adage assure que nul ne l’a franchi sans peur ni douleur. Vous traversez ses landes rases jusqu’à la statue de Notre-Dame-des-Naufragés, dressée en 1904. Le regard porte sur l’île de Sein et le phare de la Vieille, posé sur une chaîne de récifs. Tout près, vous frissonnez au bord de l’Enfer de Plogoff, gouffre dominant les flots.

La Pointe du Raz (Bretagne, France) - ©mariobono/iStock
Belle-Île, de la côte sauvage à la pointe des Poulains
La plus grande des îles bretonnes mérite bien son nom. Au large de Quiberon, Belle-Île-en-Mer déploie 85 km² de plateau schisteux sous l’un des climats les plus cléments de la région : environ 2 000 heures de soleil et moins de 700 millimètres de pluie par an. Vous accostez au Palais, que domine la citadelle Vauban, ou à Sauzon, dont les façades colorées s’étagent sur une ria enfoncée dans les terres. Sur la côte sauvage, vous admirez les aiguilles de Port-Coton, immortalisées par Claude Monet en 1886, avant de rejoindre la pointe des Poulains, où le fort et la villa de Sarah Bernhardt forment un passionnant musée.

Les aiguilles de Port-Coton à Belle-Île (Bretagne, France) - ©travellinglight/istock
Le cap Fréhel, proue de grès rose sur la Côte d'Émeraude
À la rencontre des côtes de Penthièvre et d’Émeraude, le cap Fréhel dresse certaines des plus hautes falaises bretonnes sous une lande piquée d’ajoncs et de bruyères. Vous y observez goélands, cormorans et guillemots nichés dans les parois. Par temps clair, la vue court de la pointe du Grouin à l’île de Bréhat, voire aux îles Anglo-Normandes, un horizon que balaie le phare de 1950, parmi les plus puissants de France avec ses 110 kilomètres de portée. Deux heures sur le GR 34 vous mènent au fort La Latte, bâti au XIVe siècle sur un promontoire isolé : son chemin de ronde surplombe le rocher de la Fauconnière.

Le cap Fréhel sur la Côte d'Émeraude (Bretagne, France) - ©bluejayphoto/iStock
Ploumanac'h, le plus beau sentier côtier de Bretagne
Au cœur de la région historique du Trégor, la Côte de Granit rose atteint son apothéose à Ploumanac’h, sur un site naturel que traverse le sentier des douaniers. À l’ouest de Perros-Guirec, vous le suivez sur quatre kilomètres depuis la plage de Trestraou, en corniche d’abord, puis, après Pors Rolland, entre des chaos granitiques aux silhouettes familières, comme la Tortue ou le Lapin. Vous passez la pointe de Squéouel jusqu’au phare de Mean Ruz. Taillé dans le granit rose, il signale l’entrée du port de Ploumanac’h.

Le phare de Mean Ruz sur le sentier des douaniers longeant la Côte de Granit Rose (Bretagne, France) - ©eurotravel/iStock
Saint-Malo, la plus mythique des cités corsaires
Jacques Cartier, Robert Surcouf et des générations d’armateurs ont forgé la légende de Saint-Malo, dont la silhouette tient tout entière dans ses remparts. Commencés au XIIe siècle, achevés par Siméon Garangeau sur des plans de Vauban, ils ont résisté aux bombardements de 1944, qui ont pourtant détruit 80 % de la ville close. Vous en parcourez le chemin de ronde sur 1,7 kilomètre, entre toits d’ardoise et mer semée d’îlots fortifiés, avant de replonger intra-muros vers le château, veillé depuis 1424 par son puissant donjon. À marée basse, la grève se découvre et trace un passage vers le Grand-Bé, dernière demeure de Chateaubriand, et vers le fort National, posé en sentinelle face aux remparts.
Les remparts offrent deux visages : à marée haute, la mer vient battre leur pied ; à marée basse, grèves, rochers et îlots fortifiés se dévoilent autour de la ville. Pensez à vérifier les horaires !

Vue sur les remparts et la plage du Môle à Saint-Malo (Bretagne, France) - ©Jacob Boomsma/Shutterstock
Ouessant, l'ultime finistère de la Bretagne
Terre la plus occidentale de France métropolitaine, l’île d’Ouessant se mérite. Vous la rejoignez au terme d’une traversée souvent houleuse, fidèle au dicton « Qui voit Ouessant voit son sang ». Cet isolement au large de la mer d’Iroise a préservé un décor tourmenté, protégé depuis 1969 par le parc naturel régional d’Armorique. Sur la pointe de Bac’haol, vous attend le Stiff, doyen des phares ouessantins, reconnaissable à ses deux tours jumelles. Vous en gravissez les 104 marches pour embrasser un horizon immense, du phare de l’île Vierge à la pointe du Raz. Vous retrouvez ensuite le calme de Lampaul, où les maisons aux volets bleus ou verts se serrent autour d’une église dont le clocher fut offert par la Couronne britannique.

La pointe du Créac’h et son phare sur l'Île d’Ouessant (Bretagne, France) - ©Smithore/istock
Les enclos paroissiaux du Léon, l'âge d'or breton sculpté dans le granit
Dans les terres, le lin et le chanvre ont fait la fortune du Léon, qui conserve une soixantaine d’enclos paroissiaux, érigés aux XVIe et XVIIe siècles pour affirmer la prospérité de chaque paroisse. Dans chacun d’eux, vous retrouvez, autour du cimetière, une porte triomphale, un ossuaire, une église et un calvaire peuplé de figurines. Le plus spectaculaire vous attend à Saint-Thégonnec, qui abrite une porte de 1587, un calvaire de 1610 et une chaire de 1683, sommet de la sculpture bretonne. Quelques kilomètres plus au sud, Guimiliau déroule la Passion en quelque 200 personnages et 25 scènes, quand Lampaul-Guimiliau illumine sa nef d’une poutre de gloire du XVIe siècle et de six retables restaurés.

La paroisse de Guimiliau (Bretagne, France) - ©j-wildman/iStock
