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Mini Palais, maxi plaisirs !
Gautier Battistella-13-09-2011
Au cœur du Grand Palais, sur l’avenue Winston-Churchill, le Mini Palais est le pendant gastronomique de son grand frère culturel : sa table accompagne les rêveries gourmandes des promeneurs de passage et de la clientèle de quartier. Le Mini Palais a ouvert ses portes en septembre 2010. Il était temps de faire les présentations !
« Mini Palais, maxi plaisirs ? » On pourra toujours objecter que le titre est aisé ! Il est vrai que ce Mini Palais n’a de mini que le nom et se prête avec bonne grâce aux détournements, puisque le palais renvoie aux papilles, et les papilles à l’objet qui nous préoccupe : la gourmandise, et le bien-être de nos sens.
Craignant le crime de lèse-chef, j’ose pourtant : le Mini Palais commence avec sa terrasse, un impressionnant péristyle de 300 m². J’entends déjà Éric Fréchon (chef conseil) et Stéphane d’Aboville (chef exécutif) grincer des dents en coulisses. Patience, chefs, je m’explique. À l’été venu, la terrasse du Mini Palais, mosaïques restaurées, colossales colonnes impériales et élégantes statues, accueille un bar à champagne, tous les soirs de 18 h à minuit. Le pianiste Pierre-Yves Plat accompagne au piano l’élévation des bulles, et celle des pensées. Un astucieux jeu de lumières projette les touches sur la façade. Lorsque la nuit tombe, à l’instar de Woody Allen dans Minuit à Paris, on se plaît à imaginer Scott et Zelda Fitzgerald se disputant au bar, tandis que seul, à une table, stature d’athlète et cigarillo aux lèvres, Ernest Hemingway médite sur son génie littéraire et l’intrinsèque animalité de l’homme.
Si la fraîcheur du soir venait à vous surprendre, réfugiez-vous à l’intérieur, dans la salle imaginée par les architectes Gilles et Boissier. Hauts plafonds, planchers cirés, larges baies, mobilier de bois et de cuir, ballet de serveurs impeccables de professionnalisme : il y avait bien longtemps qu’on n’avait pas retrouvé l’esprit de la brasserie parisienne (de luxe), à la fois chic, authentique et détendue. Ici, nul besoin de cravates, l’appétit suffit. L’élégant directeur René Carbonnière, passé par le Bristol, vous accueille et vous installe. Côté assiette, une carte légère et colorée, de terre et de mer, concoctée par Stéphane d’Aboville, 30 ans, ancien sous-chef du Bristol, et inspirée par Éric Fréchon, le chef triplement étoilé du restaurant de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Écoutons ce dernier : « Pour être à la hauteur de mes ambitions, j’ai sélectionné les maîtres de chacune des disciplines : beurre Bordier, charcuterie de Philippe Camdeborde, Claude Raffin pour ses poissons de petit bateau, à Saint-Gilles-Croix-de-vie… Ce sont pour la plupart mes fournisseurs du Bristol ! » Le Mini Palais, nourri aux produits trois étoiles ? Du bon côté de s’attacher les services d’un chef perfectionniste, qui ne négocie pas quand il s’agit de qualité…
Les entrées profitent de la belle saison et jouent de subtiles alliances printanières, à l’instar de cette soupe froide d’asperges blanches et mousseline de petit pois à la menthe fraîche, ou le melon en gelée de pastèque, coppa et sorbet miel poivre ; les plats, plus classiques peut-être, proposent de beaux poissons, comme le saint-pierre rôti au carpaccio de tomates et lard de Colonnata, et des viandes, telle la côte d’agneau grillée à l’harissa, dont la cuisson en toute simplicité est le plus grand honneur qu’on puisse leur faire. Les desserts, enfin, offrent un point d’exclamation à un repas dont on sort rassasié, sans être ivre de nourriture, avec notamment ces exquises fraises des bois, accompagnées de leur sorbet yaourt et basilic.
Au panthéon de mes préférences : en entrée, les sardines millésimées servies avec un beurre aux algues ; côté viande, la poitrine de cochon cuite quatorze heures à basse température, puis grillée et servie accompagnée d’agria (purée) à la moutarde de Meaux, et pour les vendredis, le merlan aux amandes, salade de tétragone, péquillos et câpres, déclinaison savoureuse du fameux merlan en croûte d’amande du Bristol. Enfin, comment résister au baba géant au rhum, et sa crème légère à la vanille, cette auréole créole qui fait du mangeur un saint et absout nos péchés gourmands ?
Le repas terminé, laissez vos pas filer vers le pont Alexandre-III. La tour Eiffel scintille : Paris est là, tout entière, dans son évidente et inexplicable beauté.
INFORMATIONS PRATIQUES
Mini Palais
Avenue Winston-Churchill, pont Alexandre-III
75008 Paris
Tél. : 01 42 56 42 42
Ouvert tous les jours de 10 heures à 2 heures. Comptez 45 € par personne. Service voiturier.
