Essai Audi SQ5 : blason justifié

Adrien Cortesi - 03/08/2012

Est-il incongru d’endosser le blason ''S'' lorsque l’on carbure au gazole ? Pas forcément, si le diesel en question frôle de près la sonorité et les performances d'un gros bloc essence. Illustration avec le nouvel Audi SQ5, muni du démonstratif V6 BiTDI de 313 ch.

Enivrante sonorité
Après quatre ans d’un indéniable succès commercial, avec plus de 5500 exemplaires vendus en 2011, soit un peu plus que le BMW X1 portant renouvelé en 2010, le Q5 n’avait pas de raison de bouleverser son style. Nouveau fleuron de la gamme, le SQ5 profite des mêmes ajustements esthétiques que ses frères, avec des optiques à la signature visuelle modifiée par les nouveaux feux diurnes et une calandre aux bords biseautés. Le SQ5 se distingue en plus par des barrettes horizontales et boucliers plus agressifs, deux doubles sorties d’échappement, un béquet de pavillon, des jantes spécifiques de 20 pouces (21 en option) et une carrosserie abaissée de 30 mm en raison de l’adoption d’un châssis sport. L’ensemble annonce la couleur tout en restant discret.

Parfaitement installé dans un habitacle spacieux et impeccablement fini, on profite à bord d’un traitement de faveur fidèle aux versions S, avec un volant à méplat, une sellerie cuir bi-tons, des inserts alu et des liserés rouges.

Les premiers kilomètres distillent un confort de marche sensiblement raffermi par rapport aux autres Q5, surtout face aux versions quatre cylindres. La nouvelle direction électromécanique offre de son côté un feeling plus ferme pour guider un train avant nettement plus incisif. Tel un véritable petit V8 essence, l’enivrante sonorité brouille les cartes. Se prendrait-il pour le V6 de la S4 ?



Des performances de premier ordre
Pas à ce point tout de même, mais il ne lui manque que les envolées de régime à 7 000 tr/mn pour réaliser l’imposture. Le tour de force réside dans un ingénieux système de membranes intégrées aux silencieux d’échappements. Mode Sport de l’excellente boîte automatique à huit rapports engagé, effleurer la pédale de droite suffit à faire bondir le SQ5 de virage en virage. Collé au siège quelque soit le régime moteur et le rapport engagé, on profite du châssis sport empêchant toute prise de roulis et invitant aux excès de tous genre. Le poids élevé reprend alors ses droits en concédant de légers élargissements de trajectoires, vite régulés par le contrôle de stabilité.

Abattre le 0 à 100 km/h en 5,1 secondes n’est pas l’œuvre de n’importe quel engin. A titre de comparaison, ce n'est qu'un dixième de plus que la radicale Jeep Grand Cherokee SRT8, forte de 468 chevaux, nourris à l’essence.

Un seul regret, malgré la nature du carburant coulant dans les durites de cette Audi, son appétit, annoncé à 7,2 l/100 km, tend à s'envoler au-delà de 12 l/100 km avec le pied lourd.
Malgré tout à ce niveau d'efficacité, l'essence ne peut lutter, malgré des perceptions bien différentes.
Son tarif pourra aussi sembler dissuasif : avec son équipement complet comparable à celui de la finition Avus, le SQ5 ne s'échange pas en dessous de 69 990 euros.


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