Essai BMW 640d Gran Coupé : séance d'étirements

Bertrand Debeuret - 08/06/2012

Avec la Série 6 Gran Coupé, BMW décoche sa première réponse à la Mercedes CLS. Mais aux soubassements de berline de la belle de Stuttgart, ce coupé 4 portes a préféré ceux d'une GT racée. Avec à la clé, un juste dosage entre confort et dynamisme.

Haut standing
Bien que bas de plafond, ce ''Gran Coupé'' se montre accueillant à bord, où la place s'avère confortable pour 4 adultes. Un 5e peut même faire partie du voyage, du moins s'il accepte d'avoir le tunnel d'asservissement entre les jambes.
Si les passagers profitent d'un accès à bord et d'une habitabilité supérieurs au Coupé, ce n'est pas le cas des valises, le coffre affichant une contenance inchangée (460 l). En outre, son accès s'avère assez étroit. Cette soute gagne toutefois un soupçon de modularité avec des dossiers de banquette rabattables 2-3 / 1-3, élevant le volume à 1 265 litres.

Soucieuse de son standing, cette BMW soigne son mobilier avec goût et sa finition avec minutie. Elle hérite de la planche de bord joliment dessinée de la Série 6 Coupé, marquée d'une imposante virgule et ne laissant aucune place à l'à-peu-près. Surtout sur la chatoyante livrée blanc et beige du programme Individual, qui tapisse de cuir le moindre recoin de l'habitacle.

Douceur et célérité
L'ergonomie a également fait l'objet d'une grande attention, et le volant à jante épaisse invite irrésistiblement à mettre le contact. On découvre alors le timbre étonnant de noblesse du 6 cylindres en ligne diesel de 313 ch. A mesure qu'il monte dans les tours, sa sonorité, quasi sportive, se rapproche d'un bloc essence. Et ce mimétisme ne s'arrête pas là : sa linéarité, son allonge et sa force – 630 Nm dès 1 500 tr/min – encore présente au delà de 5 500 tr/min imposent également le respect et procurent un vrai plaisir de conduite. Le 0 à 100 km/h n'est l'affaire que de 5,4 s, et l'on se retrouve vite à des allures prohibées si l'on n'y prend garde.

L'efficacité est aussi au programme de la boîte automatique à 8 rapports (de série) signée ZF, qui s'adapte au rythme de conduite en passant, à la demande, d'une douceur mémorable à une rapidité très convaincante. On peut également compter sur son mode ECO PRO pour soigner la consommation. Celui-ci calme la réponse à l’accélérateur et les lois de passage des rapports, aidant le 6 cylindres à se maintenir aux environs de 7,3 l/100 km (5,5 l/100 km et 146 g/km de CO2 selon BMW).

Dommage que le stop/start se montre moins raffiné : ses vibrations dénotent dans cette atmosphère chicissime. Tout l'inverse de l'amortissement très prévenant (classique sur notre modèle, des suspensions pilotées sont disponibles moyennant 1 500 euros), qui offre un bon maintien de caisse et un filtrage efficace malgré nos imposantes roues de 18 pouces.

Élitiste
Malgré tout, élever le rythme laisse entrevoir les limites de ce vaisseau de près de 1,8 t à vide. Les courbes rapides sont avalées avec sérénité et précision, mais dans le serré, le poids se fait sentir et le train avant accuse le coup. Un manque d'agilité auquel les roues arrière directrices, facturées 2 000 euros, devraient remédier.

Du fait d'une motricité sans faille, le sentiment de sécurité est lui bien présent. Surtout si l'on cède à la ribambelle d'équipements optionnels changeant l'auto en forteresse roulante : feux Xenon directionnels (750 euros) ou ''full LED'' (2 250 euros), avertisseur de franchissement de ligne, d'angle mort et régulateur de vitesse actif (2 750 euros les 3), lecture des panneaux (350 euros), stationnement automatisé (600 euros) avec caméra à 360° (800 euros), affichage tête haute (1 500 euros) etc. A cela s'ajoute bien sûr un programme de personnalisation et de services connectés complet. Bref, autant dire que le prix de base de 84 800 euros de cette version 640d a toutes les chances de s'envoler. Mais est-ce encore une surprise ?




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