Essai Hyundai i30 1.6 CRDi 128 ch Premium : A prendre au sérieux

Bertrand Debeuret - 06/04/2012

Jusqu'ici sans saveur, l'i30 booste son caractère pour répondre aux grandes ambitions européennes de Hyundai. Pourtant malgré les 128 ch de son diesel 1.6, la coréenne séduit davantage par son confort que par son dynamisme.

Saut qualitatif
Côté encombrement, cette quête de dynamisme a débouché sur un rabaissement de l'auto qui perd 1 cm de haut (1,47 m), tandis que longueur et largeur progressent respectivement de 2 cm (4,30 m) et 5 cm (1,78 m) au bénéfice de l'habitabilité.
Plus expressive à l'extérieur, l'i30 l'est également désormais à l'intérieur ou l'ancien agencement sans fantaisie laisse place à un style plus moderne. En témoigne cette planche de bord dont le dessin s'inspire de celui d'une Ford Focus, laquelle a davantage encore influencé celui du bloc d'instrumentation...

La coréenne s'est aussi alignée sur la qualité perçue de cette dernière, marquant là aussi de gros progrès. Les plastiques moussés sont légion en partie haute (la partie basse est moins flatteuse) et les ajustements ne prêtent pas le flanc à la critique. Bon point également concernant les rangements, nombreux et spacieux. L'ergonomie se montre globalement bien pensée même si le réglage vertical du volant manque d'amplitude.

Les 11 mm gagnés sur l'espace aux jambes et les 30 mm sur la garde au toit assurent quant à eux une habitabilité très confortable à l'arrière. Il en va de même pour le coffre, bon élève avec ses 378 litres et sa modularité aboutie permettant d'obtenir un plancher plat en abaissant les dossiers de banquette. Des efforts à signaler enfin en matière de dotation et d'info-divertissement, l'i30 profitant du pratique combiné de navigation à large écran tactile de 7 pouces de l'i40, tandis qu'une caméra de recul fait son apparition. Un équipement rare dans la catégorie.

Du moelleux
De bonnes attentions, on en découvre aussi au volant de cette Hyundai qui prend grand soin de ses occupants. L'amortissement des plus moelleux et la filtration efficace des irrégularités offrent ainsi une douceur de marche digne des références du segment. Un parti pris qui ne laisse en revanche guère de place au dynamisme.

Menée à bon rythme, l'i30 se montre en effet moins incisive qu'une Peugeot 308 du fait un train avant plus pataud. Dans ces conditions, les sièges manquant de maintien et la direction un peu trop démultipliée limitent l'agrément. D'autant que malgré ses 3 niveaux d'assistance (sélectionnables via un bouton au volant), cette dernière offre un ressenti peu naturel. Seul le mode Confort, le plus doux, présente une réelle utilité lors des manœuvres.
Cette coréenne préfère se démarquer par sa grande stabilité, bien difficile à prendre en défaut : les excès d'optimisme se soldant systématiquement par un rassurant survirage.

En dépit de ses 128 chevaux, le 1.6 CRDi ne parvient pas davantage à muscler la conduite. Un peu creux sous les 2 000 tr/min, il emmène sans mal l'i30 mais ne présente pas l'allant d'un turbodiesel proche de 130 ch. On pourra également lui reprocher son manque de discrétion à l'accélération.
Sa sobriété (4,3 l/100 km selon Hyundai, comptez un peu moins de 6 litres sur parcours routier) se révèle finalement son principal atout. Avec son couple identique (260 Nm), la version 110 ch de ce même bloc, plus accessible, devrait se montrer déjà suffisante.

Le prix, toujours
Au final, si le saut qualitatif de l'i30 et son regain de caractère – du moins esthétique – sont indéniables, c'est toujours par son positionnement agressif qu'elle entend convaincre la clientèle. Car si 25 700 euros représentent déjà une coquette somme (la finition Pack Premium, ultra complète, est la seule disponible sur cette version CRDi 128 ch), cette compacte se place 5 à 20 % en dessous de ses rivales à équipement comparable. Et cela sans tenir compte de la caméra de recul ou de la garantie 5 ans, absentes chez la plupart de ses concurrentes.

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