Essai Volkswagen Beetle 2.0 TSI 200 ch : des racines et du zèle

Bertrand Debeuret - 29/07/2011

Mignonne réédition de la légendaire Cox, la New Beetle a davantage plu aux dames qu'aux messieurs. Sa remplaçante a donc choisi d'en faire des tonnes pour gagner en virilité, gagnant considérablement en caractère sur la route.

A bord, plus de nostalgie
Pour gagner en rigueur et en agrément de conduite, la Beetle a troqué sa plateforme de Golf 4 contre celle de l'actuelle génération, à l’empattement toutefois raccourci de 4 cm. La longueur a quant à elle gagné pas moins de 15 cm, un étirement qui profite avant tout au coffre. Il grimpe en effet de seulement 209 litres sur l'ancienne génération à 310 litres aujourd'hui. Celui-ci présente une ouverture étroite mais bien dégagée en hauteur par le hayon. La contenance atteint 905 litres une fois les dossiers de banquette rabattus, mais il subsiste alors une marche importante au niveau du plancher.

L'inflation des dimensions de la Beetle répond aussi aux critiques émises au sujet de son manque habitabilité arrière. On note là aussi des progrès mais ils sont moins flagrants : seuls deux adultes ne dépassant pas le mètre soixante-quinze pourront s'installer sur la banquette sans toucher au niveau de la tête ou des genoux.

Mais les vrais changements que l'on relève à bord concernent avant tout le style. Sur ce point, cette Volkswagen change du tout au tout. Ainsi le dessin original de l'ancienne planche de bord laisse place à une ambiance plus rétro où quelques détails font écho à la Coccinelle : le dessin du bloc central d'aération, la découpe de la seconde boîte à gants ou encore les rondeurs de l'instrumentation. Comme sur la Fiat 500, le large bandeau laqué de la partie supérieure s'accorde à la carrosserie ou imite - grossièrement - le carbone.

Mais l'auto n'en oublie pas pour autant ses velléités sportives. Loin de là ! Exit le soli-flore, place, en option, à trois petits compteurs sur la coiffe de la planche de bord affichant la température d'huile, la pression de suralimentation et un chronomètre. Le volant 3 branches, spécifique à la Beetle, la joue lui aussi très sport avec son méplat.
La présentation s'avère donc soignée, mais on regrette que la qualité des matériaux n'égale pas ceux d'une Golf ou même d'une Polo. Un leg de la précédente mouture, construite comme elle à Puebla au Mexique, qui ne la desservira pas en Amérique du Nord, son premier marché. En Europe en revanche...


Le cœur en fête
Derrière le volant à jante fine, le conducteur retrouve un emplacement plus conventionnel que dans la New Beetle, juste derrière le pare-brise et non repoussé à 80 cm de celui-ci. La position de conduite s'ajuste très facilement grâce aux multiples réglages du siège et de la colonne de direction. Mais atteindre la ceinture de sécurité réclame quelques contorsions.

Dès les premières montées en régime, la Beetle dévoile un fort caractère au travers d'une sonorité caverneuse tenant plus du hors-bord que de la compacte vitaminée... Cette version Sport annonce la couleur ! Son 2.0 TSI bien connu – il est tiré de la précédente génération de Golf GTI, 10 ch moins puissante que l'actuelle – se montre toujours aussi démonstratif et efficace. Il ne présente pas autant de ''hargne'' que dans sa frangine (son 0 à 100 km/h en retrait en témoigne : 7,5 s contre 6,9 s pour la Golf), mais confère à la Beetle un tempérament coloré, entretenu par les jappements sourds de la boîte DSG à chaque changement de rapport.

L'assistance modérée de la direction et les suspensions fermes confortent ce parti pris pour le sport, sans trop dégrader le confort. Nettement mieux maintenue dans les courbes, l'auto adopte ainsi volontiers un rythme d'enfer à même d'effrayer sa flegmatique devancière. Attention dans ces conditions à la consommation qui s'envole vite au delà des 10 l/100 km. Une allure plus modérée la fait redescendre aux alentours des 8,5 litres, en partie grâce au travail de la boîte qui maintient le régime moteur sous les 1 800 tr/min.

Quoique globalement réussie, la Beetle présente quelques faiblesses pénalisantes au quotidien, telles qu'une rétrovision limitée et une absence totale de protection de carrosserie. Mais c'est le lot de la plupart de ses rivales.

La saga continue
Toujours aussi décalée mais nettement moins ''girlie'', la Beetle nous revient transfigurée par un caractère nettement plus affirmé. Mais n'en fait-elle pas un peu trop ? Quoiqu'il en soit, reconnaissons-lui le mérite de savoir toujours aussi bien se distinguer dans la grisaille automobile. Mais aussi de se hisser désormais au niveau de ses rivales sous bien des aspects.

Enfin, saluons l'effort de Volkswagen qui, en clin d’œil à l'approche démocratique de la Coccinelle, s'efforcera de proposer au lancement en novembre un prix d'appel raisonnable pour son héritière, d'environ 17 000 euros (version 1.2 TSI 105 ch). Avec de série l'ESP, le volant cuir et un autoradio CD/MP3. Pour la climatisation, la boîte à gant additionnelle, les essuie-glaces automatiques ou même l'ordinateur de bord, il faudra opter pour l'une des deux finitions hautes Sport ou Confort aux tarifs équivalents. Ils se situeront entre 28 000 et 32 000 euros pour notre version Sport TSI 200 ch.

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