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Les îles Lofoten (Norvège)
| 30-03-2009 Par Pierre-Brice Lebrun On a toujours le temps de contempler la nature, aux Lofoten. Le spectacle, grandiose, est permanent : il suffit de s’asseoir, de scruter l’horizon pour y assister. Le temps est rarement stable, chaque minute qui passe colorie différemment le ciel et le paysage, qui passent sans cesse du bleu au rose, tandis que les montagnes s’éteignent ou s’illuminent… La nature sauvage, parfois hostile, est magnifique : préservée, protégée, elle ne peut que fasciner celui qui prend le temps de la contempler. Les îles Lofoten sont le paradis des randonneurs : ils peuvent marcher pendant des heures sans rencontrer âme qui vive, le long de la mer ou à l’intérieur des terres, escalader, observer et s’émerveiller toute la journée au grand air. Les landes marécageuses sont balayées par les vents. La route Olaf (E10 de son vrai nom), qui traverse l’archipel, serpente entre les fjords, les montagnes acérées aux sommets enneigés et les torrents qui dévalent des parois abruptes. Il faut quitter la côte – qui n’est jamais loin–, s’écarter de la route nationale pour aller se perdre dans les villages isolés et colorés qui tentent de survivre à l’intérieur des terres : on n’y rencontre pas grand monde, juste quelques vaches, des chevaux trapus et des moutons bien rembourrés qui s’abritent derrière les talus. En hiver, aux Lofoten, le soleil se couche tôt dans l’après-midi : la bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui, il s’est levé… En décembre, la nuit polaire s'abat sur l'Archipel : il n'y a plus une seconde de lumière, de jour, de ciel, pendant un mois ! Heureusement, en été, c’est le contraire : le soleil ne se couche pas, et les habitants non plus… Safaris d’orques Orca Tysfjord, accompagné d’un guide polyglotte, organise des safaris d’orques au départ de Svolvær, la capitale des îles Lofoten à l’architecture typiquement norvégienne. La promenade en mer, en bateau ou en zodiac, dure une bonne partie de la journée. Le zodiac s’approche très près d’un jeune mâle. Les orques solitaires n’existent pas, les autres ne sont donc pas loin. Pas de panique : ils sont totalement inoffensifs, pacifiques, voire curieux de l’émoi qu’ils provoquent… Chez les orques, la nageoire dorsale est une véritable empreinte digitale : elle permet aux scientifiques de reconnaître chaque individu. Cette nageoire peut atteindre 1,50 m chez les mâles et ne dépasse pas 80 cm chez les femelles. Les bébés ont la nageoire courte et recourbée des femelles alors que les mâles l'ont bien droite, un rien érectile. Les orques ont repéré un banc de harengs : ils l'entourent pour les affoler. Les harengs, en effet, confondent le ventre blanc des orques avec la lumière de la surface ; ils sont perdus, terrorisés, ils se serrent les uns contre les autres pour s'encourager, pour se remonter le moral, sans comprendre qu'ainsi agglomérés, ils sont plus vulnérables. Les orques tapent dans le tas avec leur queue puissante, ils assomment les harengs qui se mettent à voler, à la grande joie des mouettes. La gueule ouverte, l’un après l’autre, les orques traversent le champ de bataille pour se remplir l'estomac : ils sont d'une souplesse incroyable, leur ballet gourmand laisse les spectateurs sans voix… |
