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Le Saut du loup (restaurant du musée des Arts Décoratifs)
| 18-08-2008 Par Georges Rouzeau Les institutions culturelles françaises ont enfin compris qu’elles devaient se doter de restaurants de qualité. Découverte du Saut du loup, le restaurant du musée des Arts Décoratifs. Des restaurants dits « branchés », le gourmet se méfie volontiers. Faut-il aller au Saut du loup, le restaurant du musée des Arts Décoratifs ? La réponse est oui. Dans la catégorie des brasseries tendance (dont la carte comporte également quelques plats gastronomiques plus chers), l’adresse remplit son contrat. Le rapport qualité/prix de la formule déjeuner à 36 € est irréprochable... ![]() Hamburger d’aujourd’hui et de demain...frites © Silent Factory Qu’on en juge : un consommé de potimarron onctueux et servi brûlant comme doit l’être une vraie soupe, un dos de cabillaud cuit à point et un gâteau liquide au chocolat qui joue agréablement sur les textures. La carte des vins, qui se cache pour l’instant derrière des grands noms (de 25 € le Bordeaux supérieur à 1 900 € pour un Petrus 1996), devrait évoluer, selon le souhait du chef Pascal Bernier, vers des vins de découvertes, notamment du côté de la Loire et des crus chalonnais. Pour l’heure, le service, d’une grande gentillesse, manque néanmoins d’une touche de décontraction à l’italienne. Entre hype et classicisme, l’éclectisme de la carte – du hamburger accompagné de ses frites maison au pot de légumes oubliés (topinambour et rutabaga) à la truffe –, est à l’image du parcours atypique du chef. ![]() © Silent Factory Tapissier-décorateur de formation, Pascal Bernier passe pourtant quinze ans chez l’épicier fin Albert Ménès, où il terminera comme directeur marketing. Cuisinier dans l’âme depuis toujours, son métier consistait à concocter les nouveaux produits de la marque dans sa cuisine expérimentale. En 2000, il embrasse définitivement le métier de cuisinier après une rapide formation en école hôtelière pour aller travailler notamment chez Lasserre, mais aussi au restaurant du stade Roland-Garros et à l’Atelier Renault sur les Champs-Élysées. Une rencontre avec ce chef modeste et rigoureux ne tourne donc pas au name dropping ou à l’exercice d’admiration obligée pour une star ultra-connue. Néanmoins, la personnalité de Marc Veyrat, estimé de concert par le propriétaire Stanislas Dewynter, le directeur Jean-Pierre Bourhis et le chef Pascal Bernier, plane comme un ange gardien au-dessus du Saut du loup. À l’ouverture il y a deux mois, la décoration signée Philippe Boisselier s’était taillée la vedette. Jeu sur le noir et le blanc, lignes épurées, fauteuils (confortables) Charles Eames, tabourets Konstantin Grcic et au second étage un magnifique bar : ce design tempéré évite la froideur. La prochaine star, c’est la terrasse (ouverture prévue début avril), déjà en lice pour le concours de la « plus-belle-terrasse-de-Paris », ce marronnier de la presse estivale. 150 personnes pourront profiter d’une vue extraordinaire dans le calme relatif du jardin des Tuileries sur le musée du Louvre, la Pyramide de Pei, le musée d’Orsay et la tour Eiffel. Pas mal, non ? Les people, déjà présents (notamment pendant les défilés de mode), devraient accourir par centaines. Pensez à réserver. Renseignements pratiquesLe Saut du Loup, restaurant du musée des Arts Décoratifs 107, rue de Rivoli 75001 Paris Tél. : 01 42 25 49 55 Métro Tuileries Ouvert tous les jours de 10h à 2h du matin. Entrée par le hall du musée. En dehors des heures de repas, le restaurant propose une petite restauration et fait également office de salon de thé. On peut interrompre sa visite, déjeuner, et retourner au musée. |


