Accès version bas débit
Imprimer Exporter vers Mail, GPS
Ajouter à mes favoris

La côte de Trafalgar : la Caraïbe andalouse

La côte de Trafalgar : la Caraïbe andalouse

Par A. Campos Galeano
 

 
La portion de littoral qui s'étend au sud de Cadix a très longtemps été négligée en raison de forts vents d’est dans le détroit de Gibraltar... Avec les années, ces mêmes vents qui ont tenu la région à l'écart du boom touristique se sont révélés comme sa principale richesse : non seulement en transformant ce littoral en l'un des spots de surf les plus réputés du monde, mais en sauvegardant le caractère presque vierge de ses plages, de ses pinèdes et de ses falaises.
 
Préservés des tentations du tourisme de masse, les autochtones font montre de simplicité et d’un accueil particulièrement chaleureux. Aussi ne vous contentez pas des plaisirs de la plage, immergez-vous dans ces villages, même si tous n’ont pas un cachet exceptionnel, allez à la découverte de leur patrimoine gastronomique et culturel, sur leurs places animées et leurs marchés qui respirent la joie de vivre.  

Chiclana a conservé l’âme des petits villages blancs de la province
© A. Campos Galeano / ViaMichelin

Chiclana de la Frontera

Si l'on commence par Chiclana ce n'est point tant en raison de ses plages (et pourtant elles sont magnifiques), que de l'atmosphère typique de cette ville qui a conservé l’âme des petits villages blancs de la province. Si vous avez la chance d'arriver un samedi matin, n'hésitez pas, plongez-vous dans l'animation de son marché, sis calle de la Plaza. Dans la même rue, vous trouverez l'église de San Telmo, de 1783, reconnaissable par son clocher ajouré. À l'intérieur vous verrez quelques retables et peintures (Inmaculada de Mulato) et l'image de Notre-Dame de los Remedios (protectrice de Chiclana), trouvée au 16s.
Encore quelques pas et vous arriverez au marché couvert, dont les étals regorgent de produits tous parfaitement alignés : poissons de la baie de Cadix, légumes de la Janda et succulents chicharrones, sorte de rillons un peu trop gras mais tellement délicieux... Il convient également de faire halte dans quelques unes des bodegas de la même rue où vieillissent les Xérès, très réputés. La Bodega San Sebastián mérite par exemple le détour, ne serait-ce que pour son cadre ancien.
On sortira de cette bodega par la porte qui donne sur la rue Jesús Nazareno. Sur la place du même nom s'élève le monument baroque le plus significatif de Chiclana : l'église et couvent de Jesús Nazareno. L'ensemble fut érigé de 1667 à 1674 et financé avec les dons versés par des commerçants de Cadix enrichis grâce au commerce avec les Indes. À l'extérieur, le portail baroque-génois en marbre de Carrare est l'un des plus beaux de la province. L'intérieur est surtout remarquable par ses retables baroques des 17e et 18e s. et par la sculpture en bois de Jesús Nazaren, sur le maître autel. Quant à la délicieuse tarte aux amandes mitonnée par les braves sœurs augustines du couvent, c’est tout simplement une bénédiction. Si par quelque malédiction vous manquiez les heures d'ouverture (9-12h30 et 16h30-18h30), vos papilles pourront se consoler au laboratoire artisanal d'Antonia Butrón, situé juste à côté (lire notre article Les Saveurs de Cadix).
 
Enfin, on ne quittera pas Chiclana sans s’égarer dans les rues environnantes, ce qui est encore le meilleur moyen de s’imprégner de cette ville qui connut son heure de gloire a l'époque du commerce avec les Amériques.
 
On vous avait prévenu, Chiclana, c’est aussi (et surtout) une plage : La Barrosa, un long ruban de sable de plus de 7 km. On raconte que le compositeur gaditain Manuel de Falla y trouva l'inspiration pour son Atlantide. Cette plage est renommée pour la finesse de son sable et la beauté de ses paysages, car bien que partiellement urbanisée, elle conserve un aspect relativement sauvage avec ses dunes et de ses pinèdes. Au crépuscule, le soleil teint de sa lumière rougeâtre le fort de l'îlot de Sancti Petri où, selon la légende, s’élevait un temple phénicien consacré à Melkart (Hercule).

La tour de Guzmán
© A. Campos Galeano / ViaMichelin

Conil

Comme Chiclana, Conil porte bien son surnom "de la Frontera" (de la Frontière). Si cette appellation date historiquement de la Reconquista, de la reconquête de la péninsule contre les Maures, on ne peut ignorer son caractère géopolitique, puisque l’on se trouve à quelques encablures de la côte marocaine, pris entre deux mondes, sur une terre jadis foulée par des marins, des soldats, des pirates et des aventuriers.
 
Vu de la plage, Conil apparaît comme un village blanc à flanc de colline entre l'océan et la rivière Salado. Plusieurs monuments se détachent de cette masse blanche et labyrinthique : la tour de Guzmán, construite au 14e s. par la volonté du héros de la Reconquête Guzmán le Bon ; l'église paroissiale de Santa Catalina, qui conserve des éléments Renaissance d’origine (16e s.); et l'église de Santa Catalina érigée au 16e s siècle sur des soubassements anciens. La restauration du 19e s. ajouta des éléments de styles différents, d’où ce caractère composite typique de la région. Aujourd'hui, la place où elle se trouve est l'un des endroits les plus animés du village à la tombée de la nuit.

Un sentier mène au phare de Roche
© A. Campos Galeano / ViaMichelin

La meilleure façon de découvrir la petite cité et son histoire est encore de participer à la visite guidée organisée tous les mercredis par l'office de tourisme (3 € ; visites en espagnol). L’O.T. propose également une promenade à vélo le long de la côte, de l’embouchure de la rivière Salado jusqu’à Roche, station balnéaire chic où vous pourrez visiter le port et la criée (balade de 3h30, accessible à tous). Il convient de faire halte au phare de Roche d’où le panorama est remarquable, notamment la vue sur les criques et la dehesa de Roche (ancienne zone de pâturages destinée à l'élevage), classé site d'intérêt communautaire.
 
Sur l'autre rive de la Salado, au Sud de Conil, s'étend la plage de Castilnovo, une énorme étendue de sable fin sur laquelle veille  l’ancienne tour de garde de Castilnovo. Grâce aux efforts soutenus de la municipalité, cette portion de plage est restée intacte, avec en arrière-plan une vaste plaine consacrée à l'agriculture et à l'élevage. Cette plage, très appréciée des naturistes, est l’endroit idéal pour échapper aux soucis le temps d'une apaisante journée de plage... À condition, bien sûr, que le vent d'Est, le redouté Levante, ne souffle pas trop fort !

Sortir ou dormir ?

Le calme des plages tranche avec l'animation de la ville dès les premiers rougeoiments du crépuscule. Conil est en effet l'un des centres de la vie noctambule sur cette côte, avec des boîtes comme La luna, La tertulia ou La cochera installées dans les patios de maisons traditionnelles. Elles exercent une irrésistible attraction sur tous les fêtards des localités voisines.
Conil offre également des infrastructures hôtelières de premier ordre avec plusieurs établissements quatre étoiles, dont l'hôtel Fuerte Conil, qui se veut un « hôtel écologique conçu dans le style andalou afin de se fondre dans le paysage". Si en revanche, vous préférez rester plus en contact avec la ville et ses habitants, vous pourrez toujours louer un appartement, une villa ou loger dans une maison d'hôte.

El Palmar, le paradis des surfeurs et kitesurfeurs
© A. Campos Galeano / ViaMichelin

El Palmar

En suivant la plage de Castilnovo en direction du Sud, on arrive à El Palmar, le bord de mer de Vejer de la Frontera. Il y a à peine dix ans, cette portion de littoral n'était fréquentée que par les habitants des villages voisins et quelques familles de naturistes. Aujourd'hui, c’est une cohue de camping-cars, de surfeurs et kitesurfeurs cosmopolite et exotique obéissant à certains rituels, telle cette liturgie panthéiste qui réunit une foule extatique sur la plage au moment où l’astre solaire s’abîme dans les flots.
Plus tard dans la soirée, les chiringuitos (les guinguettes de plage) s'emplissent de beautiful people, jeunes gens branchés et surfeurs qui dansent et font la fête sur le sable jusque tard dans la nuit.
 
Malgré toute cette animation, le village d’El Palmar n'a pas succombé aux sirènes de la mondanité : la plupart de ses habitants continuent à travailler dans l'agriculture, la pêche ou l'élevage. Ne vous étonnez donc pas du voisinage incongru de villas et de bungalows de vacance avec des champs, des potagers et des basses-cours.

« Las Casitas »

Pour l’instant, El Palmar ne dispose guère d'infrastructures hôtelières classiques, mais seulement de quelques pensions et auberges. La formule la plus courante consiste à louer directement à des particuliers. Nous avons ainsi pu apprécier l'accueil de Manoli et Diego, un couple dont les casitas (maisonnettes) sont impeccables. Ces villas de poche situées en plein cœur de la campagne et entourées de jardins bénéficient de tout le confort moderne : cuisine parfaitement équipée (micro-ondes, petit électroménager…), TV avec parabole, lecteur DVD, barbecue… en plus d'une agréable petite piscine où se réfugier si le vent est trop fort.

Caños de Meca, destination mythique des hippies dans les années 1970
© A. Campos Galeano / ViaMichelin

Caños de Meca

Plus au Sud encore, se trouvent la plage de Zahora et le phare de Trafalgar, qui monte la garde face à l'endroit où la flotte franco-espagnole subit il y a plus de 200 ans l'une de ses plus cuisantes défaites. Toujours cap au Sud, nous arrivons à Caños de Meca, destination mythique des hippies dans les années 1970. Cet endroit resta très longtemps à l'écart de la morale officielle promulguée par le franquisme. Caños fut notamment pionnière dans la pratique du naturisme et il y règne encore aujourd'hui une ambiance baba-cool et punk quelque peu démodée.
 
Si les températures caniculaires du sud de l’Andalousie vous incitent à prendre un bain de mer en cet endroit, nous vous conseillons plutôt la partie centrale de la plage, plus tranquille car fréquentée par les familles et les locaux. Au Sud, les criques et les falaises sont le fief  des épigones des hippies d'antan. C'est également ici que se trouvent les caños (sources) qui ont donné son nom au village : elles jaillissent de la falaise surplombant la mer. Si sur votre chemin vous croisez d’étranges créatures gris verdâtre, ne soyez pas surpris : les falaises sont riches en argile et l'une des distractions préférées des estivants  – très bénéfique pour la peau à ce qu'on dit – consiste à s’en barbouiller tout le corps, à la laisser sécher et à marcher pour s'en débarrasser jusqu'à la dernière source qui forme un rideau d'eau au seuil d’une grotte naturelle. Un coin idyllique mais dangereux en raison des éboulements et des marées qui vous piègent sans prévenir.
 
Ces falaises font partie du Parc naturel de la Breña y Marismas del Barbate, où ont élu domicile des oiseaux comme le héron gardebœuf, l'aigrette et le goéland argenté ou encore le choucas des tours, l'étourneau, le chardonneret, le pinson et la mésange bleue. Parmi les oiseaux de grande envergure, on compte le faucon pèlerin et le faucon crécerelle. Ils occupent tous un habitat composé de pins parasols, de genévriers rouges (Juniperus turbinata) et d’un  sous-bois où croissent le romarin, les palmiers nains, les pruniers épineux et les genêts. Avec un peu de chance vous y croiserez le rare caméléon commun, qui forme ici l'une des colonies les plus importantes d'Espagne. Vous découvrirez ces merveilles en empruntant les sentiers qui sillonnent le parc. L'un d'eux vous mènera jusqu'à la chapelle de San Ambrosio : érigée au 7e siècle, elle présente encore des éléments visigotiques (brochure disponible à l'office de tourisme).
La plage del Carmen à Barbate
© A. Campos Galeano / ViaMichelin

Barbate

Retour à la civilisation : nous pénétrons dans Barbate, jadis consacré à la pêche et plus orienté aujourd'hui vers le tourisme. Cette petite cité débordante de vie peut surprendre celui qui y met le pied la première fois : tout, de la façon de conduire à celle de parler ou de s'habiller semble répondre à un code connu des seuls autochtones. Cette première impression passée, on découvre néanmoins un peuple affable et accueillant, enclin aux plaisanteries, bon vivant et jaloux de son caractère et de ses coutumes. Pour se fondre avec eux, rien de mieux que s'allonger sur la plage del Carmen ou de sacrifier au rituel de la promenade vespérale sur le front de mer.
 
Le lieu-dit de Zahara de los Atunes fait aussi partie de la commune de Barbate. Son nom –los atunes signifiant "les thons" –  ne laisse aucun doute sur le lien qui lie la population aux madragues. À Zahara, en plus de goûter au meilleur thon de la zone, vous pourrez profiter des longues plages de sable fin et laisser votre imagination s’envoler à la vue des vestiges du château de la Almadraba construit pour les ducs de Medina-Sidonia au 15e s. afin de sauvegarder les madragues de la cupidité des pirates.
 
Vous l’aurez compris, cette frange du littoral est un peu à part dans l’économie touristique espagnole. Si vous souhaitez retrouver une villégiature plus classique, Atlanterra est tout proche avec à sa « plage des Allemands", le Beverly Hills de Cadix, ainsi que la baie de Bolonia, sa célèbre dune et son gisement romain,  ou encore Tarifa, Mecque des surfeurs et carrefour immémorial de peuples et de cultures.

Adresses

Offices de tourisme :
Chiclana ville
C/ Vega, 6
Tél. 956 53 59 69.
 
Chiclana costa
Urb. Novo Sancti Petri (Semaine Sainte et été – face à la pinède publique)
Playa de la Barrosa
Tél. : 956 49 72 34
 
Conil
C/ Carretera, 1
Tél. : 956 44 05 01
Point Info (mai-septembre)
Plaza de Santa Catalina
 
Vejer
C/ Marqués de Tamarón, 10
Tél. : 956 45 17 36
 
Barbate
C/ Vázquez Mella s/n
Tél. : 956 43 39 62
 
Las Casitas
Manoli y Diego
Carril del Morito
El Palmar (Vejer de la Frontera)
Tél. : 956 44 24 10 (portable 627 36 23 01)

Sites ViaMichelin

viamichelin.at
viamichelin.be
viamichelin.ch
viamichelin.com
viamichelin.co.uk
viamichelin.de
viamichelin.es
viamichelin.fr
viamichelin.it
viamichelin.nl
viamichelin.pl
viamichelin.pt

Professionnels

Business services
Annonceurs
Espace Presse
ViaMichelin Local

ViaMichelin et vous

Newsletter Tourisme et gastronomie
Tous les articles tourisme
Tous les articles gastronomie
Newsletter Automobile et Mobilité
ViaMichelin Labs
Navigation GPS ViaMichelin
Restaurant Paris
Aidez nous à améliorer les cartes

Astuces ViaMichelin

Adresse
Carte satellite
Gastronomie
Guide Touristique
Météo
Parking
Point Route
Prévisions météo
Radars
Restaurants Gastronomiques
Trajets
Week-end Gastronomique

Produits et services Michelin

Quel pneu pour votre voiture?
Les conseils pneumatiques
Boutique Cartes et guides
Découvrez les Cartes et Guides

© Michelin 2009

A propos de ViaMichelin
Mentions légales
Données personnelles
Annuaire cartographique
Annuaire touristique
Rejoignez-nous
Contactez-nous