André et Édouard Michelin © MICHELIN 1900 : le premier guide MICHELIN voit le jour En 1900, moins de 3000 automobiles seulement roulent en France. Un voyage tourne alors, bien souvent, à l’aventure ! Malgré tout, les frères Michelin croient dur comme fer à l’avenir de l’automobile. Pour aider à son développement, et par la même, à celui du marché des pneumatiques et du groupe Michelin, ils décident de mettre à la disposition des automobilistes un document facilitant leurs voyages, un petit guide pour améliorer la mobilité… thème fondateur qui est encore aujourd’hui le leitmotiv des différentes éditions Michelin (atlas, cartes, guides, etc.). La première édition du guide MICHELIN parait en août 1900 avec un tirage approchant les 35 000 exemplaires… Ce Guide, distribué gratuitement aux chauffeurs, contient une multitude d’informations pratiques sur l’emploi et la réparation des pneus, la liste des dépôts d’essence, des hôtels, des plans de villes, une liste des mécaniciens (il y en a moins de 600 pour toute la France), etc. En 1904, un premier guide est publié en dehors de la France. Il s’agit du guide MICHELIN Belgique. 1908 : création du Bureau d’Itinéraires, Internet avant l’heure ! En 1908, le Bureau d’Itinéraires est créé. Il s’agit, en quelque sorte, d’internet avant l’heure ! Situé dans les anciens locaux de Michelin, 99, boulevard Pereire, dans le 17ème arrondissement de Paris, ce bureau permet aux automobilistes d’avoir une feuille de route sur simple demande et gratuitement. Le Bureau d’Itinéraires explose devant le nombre de demandes qui passe de 19 000 requêtes en 1921 à 155 000 en 1925. © MICHELIN 1920 : le guide MICHELIN devient payant En 1920, selon une anecdote, lors d’un passage chez un distributeur de pneus, André Michelin, indigné, constate que des guides servent à caler les pieds d’un établi. Le sort en est jeté. Depuis ce jour, il décide que les guides seront vendus « car l’homme ne respecte vraiment que ce qu’il paye », déclarent les frères Michelin ! Cette même année, les restaurants font leur entrée dans le guide avec leur classification propre. Par ailleurs, la publicité disparaît et, pour la première fois, figure une liste d’hôtels parisiens. En 1921, le guide MICHELIN France ne parait pas . Les bureaux parisiens de Michelin (qui se situent, à cette époque, au 105, boulevard Pereire dans le 17ème arrondissement) sont trop occupés par la parution des guides « Champs de bataille ». En 1922, le guide est vendu au prix de 7 francs. © MICHELIN 1926-1936 : Naissance des étoiles En 1926, l’étoile de bonne table naît et en 1931 c’est au tour des deuxièmes et troisièmesétoiles de voir le jour, tout d’abord en province, puis en 1933 à Paris. Quant aux définitions (une étoile, « une très bonne table dans sa catégorie » – deux étoiles « mérite le détour » et trois étoiles « mérite le voyage ») elles datent de 1936… et sont toujours d’actualité. Parmi les tous premiers restaurants à obtenir trois étoiles : Eugénie Brazier et Marie Bourgeois, Fernand Point (l’un des permiers à venir saluer ses clients en salle), André Terrail, Joseph Barattero, Francis Carton, François Pernollet, etc. Petit clin d’œil au restaurant de Paul Bocuse, à Collonges-au-Mont-d’Or, près de Lyon qui a trois étoiles en continu depuis 1965 ! En 1929, pour la première fois, un véritable questionnaire de satisfaction est inséré dans le guide, invitant le lecteur à réagir sur le choix des adresses. Aujourd’hui, ce sont plus de 45 000 courriers et emails que le guide MICHELIN reçoit chaque année de la part de son million de lecteurs dans le monde et qui reçoivent, toutes et tous, une réponse. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, comme pendant la Première Guerre mondiale, le guide MICHELIN ne parait pas. Le guide réapparaît en 1945 et ce n’est qu’entre 1947 et 1951 que les étoiles refont progressivement leur réapparition. Les soldats américains débarquent en Europe, le guide MICHELIN à la main Au printemps 1944, tandis que se concentre en Angleterre la formidable Armada qui doit prendre pied en Normandie, l’État-Major Allié craint que sa progression ne soit ralentie dans les villes françaises, dont toute signalisation a été détruite ou démontée. Après de minutieuses recherches et avec l’accord de la direction de Michelin-Paris, il choisit de reproduire la dernière édition du guide, celle de 1939, pour ses centaines de plans de villes, détaillés et actualisés. Il en fait réaliser à Washington un tirage intégral, distribué aux officiers. Seule distinction avec le guide de 1939, la mention sur la couverture : « For official use only ». C’est donc le guide MICHELIN à la main que les unités débarquées le jour J vont libérer Bayeux, Cherbourg, Caen, Saint-Lo… et la France. La plupart de ces guides du Débarquement ayant été égarés et détruits sous les bombes ou étant retournés chez les Vétérans aux États-Unis, peu d’exemplaires originaux sont aujourd’hui connus en Europe. Ils se distinguent du vrai guide MICHELIN de 1939 par un brochage souple, une couleur proche du rosé, l’absence de l’encart Pneu et quelques mentions externes en anglais. Par ailleurs, après la libération de Paris, les bureaux du boulevard Pereire ont imprimé et fourni aux Alliés plus de deux millions de cartes du Nord et de l’Est de la France, de Belgique et d’Allemagne pour faciliter la progression des soldats. Les pictos, naissance et évolution d’un langage MICHELIN international Depuis le début du guide, en 1900, les pictogrammes ne cessent d’évoluer afin de toujours être d’actualité. De la présence d’eau froide et/ou chaude, à celle de l’électricité, de la présence du téléphone, à celle de la télévision dans les chambres, de l’acceptation des cartes de crédit à la possibilité de réserver une chambre ou une table non fumeurs, enfin de la possibilité d’avoir le wifi dans l’établissement au picto symbolisant la présence d’un spa, ces « petits dessins », langage Michelin, langage international, esperanto avant l’heure, ne cessent de se moderniser et de « coller » aux besoins de l’époque. © MICHELIN 1997-2003 : Du « Bib Gourmand » au « Bib Hôtel » De nouveaux pictogrammes ont également fait leur apparition, lié à l’apparition de nouvelles catégories de restaurants. Il en est ainsi, par exemple, des restaurants Bib Gourmand, offrant un très bon rapport qualité/prix qui voient le jour en 1997. Autre picto, autre catégorie : les piécettes qui désignent des restaurants offrant des menus complets (entrée+plat+dessert) et économiques, à la portée de toutes bourses. Le Bib Hôtel, de son côté, fait son apparition en 2003. Initiative jumelle à celle du Bib Gourmand, ce Bib Hôtel met en avant des hôtels qui proposent des prestations de qualité à un excellent rapport qualité/prix. © MICHELIN 2000 : Premiers commentaires dans le guide MICHELIN En 2000, Michelin introduit dans son guide France, puis en 2003 dans les autres, quelques lignes de texte sur l’établissement, la qualité du service, la qualité de la cuisine. De ces quelques lignes, Michelin est passé à une demi-page ou une pleine page pour ses guides de ville (Paris, Londres, New York, San Francisco, Los Angeles, las Vegas et Tokyo) qui présentent une maquette intérieure différente des guides pays : deux établissements sont présentés sur chaque page (une pleine page pour les restaurants étoilés) avec des descriptifs plus longs et des photos. Viamichelin.com : plus de 20 millions de connexions par an sur la sélection du guide MICHELIN Plus d’un siècle d’évolution, plus d’un siècle de lancement de nouveaux guides, lancement de nouveaux services (le Minitel avec le 3615 Michelin qui permettait d’avoir accès à l’intégralité de la sélection – Internet avec, en 1997, le lancement du site www.michelin-travel.com puis en 2000, la création d’une entité propre, ViaMichelin, et du site www.viamichelin.com sur lequel la sélection est disponible en français, anglais, allemand, italien, espagnol et néerlandais) et reçoit, chaque année, quelque 20 millions de connexions. Depuis 2008, les internautes ont la possibilité de donner leur avis sur la sélection directement en ligne… ce que font les lecteurs du guide MICHELIN par courrier et par email depuis de nombreuses années. © MICHELIN 2005-2008 : Le guide MICHELIN à la conquête de l’Amérique et de l’Asie En novembre 2005, le guide MICHELIN franchit, pour la première fois, l’Atlantique et débarque à New York. Cette première édition du guide MICHELIN New York City compte 500 restaurants dans les 5 boroughs (Manhattan, le Bronx, le Queens, Staten Island et Brooklyn) et 50 hôtels à Manhattan. En 2007, le guide s’attaque à l’Asie avec la sortie du premier guide MICHELIN Tokyo. Le Japon devient le 22ème pays couvert. En 2008, l’expansion se poursuit sur le territoire asiatique avec la publication d’une édition Hong-Kong et Macao. En Avril 2007, Le Guide MICHELIN lance un magazine, Étoile, réalisé en partenariat avec les éditions Glénat… Réalisé avec l’aide de l’Association des collectionneurs de guides et de cartes Michelin, l’ACGCM |